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Milwaukee blues

Louis-Philippe DALEMBERT

Milwaukee blues est un roman inspiré de l’affaire Georges Floyd. Un homme noir meurt étouffé sous le genou d’un policier blanc. Enfin, le nom de cet homme fait aussi référence à un adolescent noir lynché en 1955 et dont les auteurs de ce lynchage n’ont pas été inculpés.

Le thème établi, j’ai eu peur de lire l’histoire entendue et vue maintes fois dans les journaux télévises lors de l’affaire Georges Floyd sur un ton larmoyant et culpabilisant. J’avoue avoir hésité de continuer ma lecture. C’était sans compter sur l’art de Louis-Philippe DALEMBERT pour construire ce récit. En effet, il donne vie au personnage principal de Emmett après le décès de ce dernier. Toute sa vie est esquissée en commençant par son quartier, par différents personnages qui ont accompagné Emmett Till depuis sa plus tendre enfance jusqu’à sa dernière compagne sans oublier par son passage à l’universite grâce à son niveau en football américain.

L’art de l’auteur n’est pas seulement de dessiner la vie du personnage principal sans jamais le faire parler, mais il a su faire parler chacun des personnages avec leurs mots à eux. Chaque style est adapté à la personne qu’Emmett a rencontrée.

Ce roman est une excellente découverte que j’ai beaucoup aimé.

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Les dynamiteurs

Benjamin Withmer

Les dynamiteurs est un roman historique qui se déroule à Denver à la fin du XIXeme siècle. Des orphelins essaient de survivre dans une jungle de violence. Ils font front contre les adultes, qu’ils ont surnommés « tête de nœuds « , et se sont réfugiés dans une usine désaffectée très enviée. Un des leurs est recruté par un adulte et l’embarque dans un monde dont ils cherchent de se protéger et dans une guerre qui n’est pas la sienne.

L’écriture et la description crue et directe donne une grande modernité à l’histoire. Quant aux personnages, entre les orphelins et un homme de grande corpulence défiguré, ils lui donnent une grande sensibilité.

Ce roman montre l’envers du décor du rêve américain auquel ont cru des millions d’européens au XIXeme siècle. La violence est omniprésente. Une histoire d’amour entre adolescents fait ressortir la dureté de la société à laquelle ils doivent faire face.

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Le silence d’Isra

Etaf RUM

Le silence d’Isra est roman sur la vie des femmes Palestiniennes vivant en Palestine ou partout ailleurs dans le monde. Elles se retrouvent confinées chez elles sans pouvoir sortir seule, à devoir s’occuper des tâches domestiques, de leurs enfants et de leur mari. Elle leur doivent obéissance et soumission.

Cette histoire nous raconte à la fois la vie d’Isra, jeune palestinienne, mariée à l’âge de 17 ans et envoyée en Amérique vivre chez sa belle famille, celle de Deya, la fille aînée d’Isra, par qui sont amenées toutes les questions sur la validité des traditions, et enfin, celle de Farida, la belle-mère d’Isra qui maintient les traditions arabes au sein de sa famille quoi qu’il en coûte.

La vie d’Isra nous est revellée en parallèle de celle de sa fille, et de sa belle-mère. On découvre comment cette jeune fille, respectueuse des règles et obéissante se retrouve sous l’emprise d’une belle-mère autoritaire, et revancharde. Cette dernière ne comprend pas qu’on puisse vouloir une meilleure vie et de l’espoir. C’est vrai, elle qu’on a marié à un homme qu’elle ne connaissait pas qui l’a battue et qui ne l’a jamais aimée s’en est sortie, pourquoi devrait- elle avoir une once de compassion pour sa belle fille qui ne sait faire que des filles à son tour? Farida mène sa famille comme elle l’entend et fait subir une pression monstrueuse sur son fils aîné et sa belle fille. Ce dernier se défoulera sur sa femme. Mais Deya, avec de l’aide va chercher à rompre ce cycle horrible qui est destiné aux femmes arabes.

Le livre est construit sur ces trois vies, et principalement, celle d’Isra et celle de Deya, ce qui met en valeur ces destinées. Cela nous permet aussi de reprendre notre souffle, la vie d’Isra m’a semblée tellement oppressante, que j’étais presque heureuse de retrouver sa fille. Les personnages secondaires, comme Sarah, la fille de Farida et Adam sont eux aussi très importants. L’amour des livres va lier Isra à Sarah et est transmis à Deya. La lecture leur apporte du réconfort et l’espoir d’une vie meilleure.

Un roman difficile, dont l’écriture accentue les tragédies vécues par ses femmes, et qui démontre comment il est compliqué pour elles d’améliorer leur vie sans renier leur famille et leur culture.

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Suzuran

Aki Shimazaki

Suzuran est une jolie petite histoire qui se lit facilement. L’histoire racontée dans ce livre n’est ni comique, ni pleine d’aventures, ou d’imaginaire, mais quand j’ai lu ce court roman je me suis sentie détendu.

Aki Shazaki aborde dans cette œuvre l’histoire d’une femme divorcée, avec un enfant, qui n’a brillée ni a l’école, ni dans sa vie amoureuse. Elle voue sa vie à son fils, ses parents et à sa passion : la poterie. Elle avance dans la vie sans amertume, en appréciant ce qu’elle a sans envier les autres, dans une ville du Japon.

L’écriture est épurée sans que cela ne nuise aux émotions.

Un livre à lire lorsqu’on est un peu déprimé. Il nous montre que la vie est pleine de trésors et qu’elle peut aussi réserver un certain lot de surprises. Je remercie beaucoup l’amie qui m’a recommandée cette auteure que je relirai avec plaisir.

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Les Abysses

Rivers SOLOMON

Etonnant. C’est le premier qualificatif qui me vient à l’esprit pour décrire ce roman : Les Abysses.

A partir de tragédies du passé, Rivers SOLOMON a créé un monde imaginaire situé au fonds des océans. Cela va permettre d’aborder de nombreux sujets difficiles qui vont de la mémoire d’un peuple, à l’intégration de chaque individus dans une société et le poids des missions que l’on fait porter sur certaines personnes pas toujours prêtes à l’assumer…

Je n’ai pas été touchée par l’héroïne. Mais cela ne m’a pas empêché d’avoir été captiver par l’histoire. L’héroïne est l’historienne de son peuple. Il s’agit de la personne choisie pour recevoir tous les souvenirs passés et présents de chaque individus appartenant aux Wajinrus depuis l’origine de cette espèce. Ainsi, leur histoire est conservée mais seule une personne. Le poids de sa mission est tel qu’elle a de grandes difficultés à y faire face. La description du peuple, de son histoire et des aventures de Yetu, l’héroïne, m’ont tellement intrigués et interrogés que j’ai lu ce roman d’une traite.

L’écriture de Rivers Solomon est agréable, avec des chapitres qui rythme l’histoire à bon escient. Ce livre pose des questions de société et d’écologie, ce qui ne nous laisse pas indifférent.

Les Abysses par Rivers
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Tout le bleu du ciel

Melissa Da Costa

Tout le bleu du ciel est un roman très prenant. J’ai tout lu en avalant les pages. Le thème est difficile : comment réagir suite à l’annonce d’une maladie grave qui ne nous laisse une espérance de vie que de deux ans maximum alors qu’on est tout juste âgé de 26 ans. Émile a décidé de fuir les essais cliniques et sa famille. Il avait besoin de se dépasser et de garder son indépendance. Il décide d’acheter un van et pour ne pas faire le voyage seul, il passe une annonce pour trouver un ou une compagnon de voyage. Une jeune femme y répond. On sent qu’elle aussi a quelque chose à fuir.

J’ai aimé suivre le duo que vont former Émile et Joanne. J’ai aimé lire comment Émile va faire face à la maladie et comment il décide de partir à l’aventure avec une personne qu’il ne connait pas. J’ai aimé voir l’évolution de ce duo.

L’écriture est fluide. Le livre est bien construit. Au moment où j’avais impression que l’histoire se terminait l’intrigue rebondie et nous fait terminer les plus de 800 pages plus vite que je n’ai jamais lu un livre. Ce roman m’a fait passé par de nombreuses émotions en passant de la tristesse au rire. Il nous fait voyager à travers les paysages magnifiques des Pyrénées en passant par la Méditerranée. On y rencontre des personnages tous très attachants.

Une histoire difficile mais pas larmoyante. Une belle réussite !

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Les Disparus du Clairdelune

La passe miroir Tome 2

Christelle Dabos

Les Disparus du Clairdelune est le tome 2 de la saga La Passe-Miroir. Le tome 1 mettait en place les personnages et les univers extravagants de l’histoire. Dans ce tome 2, l’histoire monte en puissance. Il y a plus d’intrigues et de plus en plus d’actions.

Ophélie gagne en confiance en elle, ce qui lui fait courir de nombreux risques recherchés ou malgré elle. Sa maladresse ne l’a pas quittée. Et les situations plus ou moins catastrophiques dans lesquelles elle se met ne manquent pas d’étonner et d’interpeller son fiancé Thorn.

J’ai avalé ce nouveau tome et je suis pressée de retrouver Ophélie, Thon, Archibald, Bérénilde … dans de nouvelles aventures. Je le compare souvent aux livres de la saga Harry Potter dans la mise en place de ce monde fantastique et de personnages tellement attachants et impliqués dans une vie si riche.

La Passe-Miroir, tome 2 : Les Disparus du Clairdelune par Dabos
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Les Fiancés de l’hiver

La passe miroir Tome 1

Christelle DABOS

Les Fiancés de l’hiver est le premier tome de la saga La Passe-Miroir. Ce roman fantasy se déroule dans un univers complètement imaginaire dans lequel nous pouvons avoir du mal à retrouver ses repères. Il suffit de toucher les objets pour apprendre leur histoire, on peut réparer du papier ou des objets rien qu’en le touchant et tant d’autres pouvoirs répartis en fonction de sa famille de naissance. Ophélie évolue dans se monde, plus précisément sur Anima où les familles se côtoient dans le respect et la bienveillance. Mais voilà qu’Ophélie qui a réussi à échapper à deux mariages se voit forcer d’accepter un fiancé venant d’un autre monde dans lequel les familles et les règles qui prévalent sont tout autre.

L’univers dans lequel se déroule cette histoire est réellement intriguant. Chacun a des pouvoirs différents et le nouveau monde qu’Ophélie va devoir adopter est rempli de faux semblants, de traîtrise et de mirages. On est loin du monde des « Bisounours ». Ophélie, le personnage principal, est en fait une anti-héroïne. Physiquement, elle paraît ne ressembler à rien en se cachant dans des vêtements d’un autre temps et des lunettes qui lui couvrent une partie du visage, sans parler de ses cheveux qui sont rarement coiffés. De caractère, elle paraît timide et même effacée. Cela crée un paradoxe avec le monde dans lequel elle va devoir évoluer et apprendre à reconnaître les personnes sur qui elle va pouvoir faire confiance.

Ce livre est captivant. Il m’a fait penser à Harry Potter, premier livre que j’ai lu dans lequel est décrit un univers aussi extravagant. Les péripéties que va devoir traverser Ophélie se succèdent sans se relâcher, à se demander si elle va réussir à aller jusqu’à la fin du premier tome. Je l’ai lu d’une traite en cherchant à acquérir le deuxième tome à la fin de la dernière page.

La Passe-Miroir, tome 1 : Les Fiancés de l'hiver par Dabos
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Le chaînon manquant

Frank LEDUC

Le chaînon manquant est roman policier dont l’intrigue se déroule dans le nord de l’Italie, du côté de Turin. Toute l’histoire se déroule à travers les yeux de Shana, une trentenaire, professeur de paléontologie. Elle est appelée à sur un chantier de tunnel où une découverte a été faite. En effet, un squelette humain vieux de plus de 40 000 ans (date limite de datation au Carbone 14). Elle succède à un collègue et ami qui vient d’être assassiné et sera le témoin, bien malgré elle, d’autres crimes liés à ses recherches.

Dans ce roman où les péripéties se succèdent les unes aux autres en nous tenant en haleine tout du long, j’ai découvert le domaine de la paléontologie. L’auteur nous emmène sur des voies loin d’être académiques, sur les origines de l’être humain mais qui nous ouvrent l’esprit et les horizons. Il nous fait réfléchir sur notre position dans l’univers, sur la Terre, à travers les âges.

Ce livre dont l’écriture est fluide est captivant. Sa lecture est à la fois palpitante et studieuse. L’auteur ne s’est pas contenté de recherches superficielles pour alimenter le pan historique de son récit mais d’éléments précis et techniques impressionnants, il nous entraîne aussi sur des questions bien plus philosophiques sur nos origines. J’ai eu beaucoup de plaisirs à suivre les aventures de Shana Stenford et de son équipe qui ont fait face à des aventures aussi riches que dangereuses.

Le chaînon manquant - Frank Leduc - Babelio
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FLATLAND

Edwin Abott Abott

Flatland est une oeuvre très surprenante qui donne vie aux formes géométriques. Le monde décrit est vu par un carré. La société entière dans laquelle il vit est en deux dimensions. Elle est très hiérarchisée et le changement de forme se fait sur le long terme. Effectivement, les formes vont de la ligne droite pour les femmes, aux triangles pour les travailleurs et soldats jusqu’à la castre très fermée en enviée des cercles. L’évolution se fait en gagnant quelques degrés au fur et à mesure des générations suite aux bons et loyaux services des différentes formes.

Ce livre écrit en 1884 sous la forme d’un essai est tellement surprenant qu’il se lit comme un roman. Et l’écriture simple et prosaïque est sans âge. Je ne me suis pas rendu compte que cet ouvrage avait déjà 136 ans! Certes les règles décrites de la société ressemblent plus à celles de la fin du XIXème siècle que celles en cours de nos jours. Mais ce n’est pas si transcendant, il nous faut d’abord appréhender ce monde en 2D.

J’ai trouvé une certaine philosophie dans cet ouvrage qui remet en considération la place de l’homme en mettant en scène lors d’un rêve le monde en une seule dimension puis en faisant rencontrer le carré à une sphère. Cela montre bien qu’on peut se croire le centre du monde jusqu’au jour où on découvre une autre dimension :).

Petit ouvrage très intéressant, à découvrir ou à redécouvrir qu’on soit scientifique ou littéraire!

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La mariée de Ceylan

La mariée de Ceylan est une jolie saga qui nous transporte dans la colonie anglaise de Ceylan au début du XXème siècle. Ce livre est donc à la fois un voyage dans le temps et dans une île lointaine. On y lit les règles tacites qui sont en cours à cette époque sur ce que doit être le rôle de la femme dans cette île aux paysages magiques et très bien décrit par l’auteur..

Ces règles auxquelles se plient Gwen, notre héroïne lui sont dictée non seulement par son éducation anglaise mais aussi par le poids de la société. La vie que va trouver Gwen aurait pu être heureuse sans aucun nuage à l’horizon : elle va apprendre à aimer cette île exotique, aimer et être aimée en retour par un homme respectueux et attentif et arrive dans une époque financièrement positive. Mais c’est sans compter les surprises de la vie qui vont lui imposer de cacher à ses proches un secret inavouable.

L’auteur retranscrit à merveille le désespoir que va éprouver Gwen lors de cette épreuve et la tension palpable entre elle et l’homme qu’elle aime en vue de lui cacher ce si lourd secret. Nous retrouvons toutes les règles de la société anglaise dans une société en pleine évolution avec le crasch boursier de 1927 sans parler des émeutes qui montaient en préambule de l’indépendance du Sri Lanka.

Les personnages sont attachants ou détestables en fonction de leur rôle dans l’histoire, mais ne laissent pas indifférents. Ils servent superbement cette histoire qui nous raconte la vie de Gwen et de sa famille qui devait être calme et heureuse mais c’est sans compter les mystères de la vie, les secrets de famille et les problèmes de sociétés qui viennent troublés ce long fleuve tranquille.

Une lecture facile qui nous accroche. J’ai beaucoup aimé.

La mariée de Ceylan par Jefferies
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Le Renard et la Couronne

Yann Fastier

Le Renard et la Couronne est un roman facilement classé dans le genre « jeunesse ». On suit la vie de l’âge de 5 ans à 21 ans d’une jeune fille qui va traverser des périodes de dénuement complet, elle va connaitre à la fois la vie dans la rue et va même avoir un passage en prison, à une vie calme et,ou, riche. Mais chaque étape de son histoire va être marquée par une richesse de l’apprentissage de la vie aidé par des proches. Ana va nous faire voyager depuis la campagne de Croatie, à la France et enfin un retour dans son pays la Dalmatie, qui, après des recherches sur internet, est une région historique littorale des Balkans qui aujourd’hui, est partagée entre la Croatie qui en possède la plus grande part, le Monténégro et l’Herzégovine.

J’ai retrouvé dans cet écrit, non seulement les caractéristiques du genre jeunesse, mais aussi de la fantasy avec des passages relatant des batailles qui paraissent sortir de l’imaginaire de l’auteur et qu’on retrouve souvent dans ce style de littérature, et aussi du genre historique avec des découvertes sur une région du monde que je ne connaissais pas, la Dalmatie, et ses relations politiques avec les grandes puissances de l’époque, fin du XIXème siècle. Je me suis même crue dans un conte.

On ne s’ennuie pas à la lecture de toutes les aventures que traversent l’héroïne. Le livre est bien structuré et bien écrit. Mais j’ai eu du mal à faire abstraction des références aux différents littéraires pour me plonger dans l’histoire. Ce livre m’a aussi ouvert les yeux sur le fait que nous abordons des thèmes dans la littérature jeunesse que, sans que ce soit taboue, n’était pas si facilement abordés comme le viol ou l’homosexualité. Malgré la tolérance que je prône à mes enfant, je me suis laissé surprendre par certains éléments de son histoire.

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Le Ghetto intérieur

Santiago H.AMOGORENA

Le Ghetto intérieur est très bien écrit et traite d’un sujet bien connu mais toujours aussi difficile : la Shoah. L’originalité de cette histoire est que ce terrible moment de l’histoire est vue depuis un personnage vivant à l’abri des atrocités perpétrées par les nazis.

En effet, Vicente Rosenberg, le héro de ce roman, vit depuis 1928 à Buenos-Aires, Argentine. Il est parti de Pologne en laissant derrière lui sa famille : sa mère, son frère et sa sœur. Il a fait sa vie, s’est marié, a eu à trois enfants et a un travail à l’autre bout du monde. Mais lorsque la connaissance des atrocités subit par sa famille, juive et restée en Pologne lui parvient, il est submergé par la honte puis par la culpabilité. Cette culpabilité devient tellement forte qu’elle l’envahit totalement, et il essaie de la vaincre en se murant dans le silence. On voit dans cette oeuvre comment ces événements ont pu toucher toute la communauté juive du monde entier, et travers l’histoire de cet homme, comment ils ont pu détruire la vie d’un homme et le bonheur d’une famille sans avoir été confrontés directement aux horreurs perpétrés par les nazis envers la communauté juive surtout celle de Pologne et à Varsovie.

La force des sentiments est mis en valeur par l’écriture de Santiago H.AMIGORENA. Il alterne entre une écriture parfois poétique pour décrire les sentiments de Vicente et la description factuelle, crue souvent avancée par des dates ou des chiffres de ce qui se passait en Europe.

Ce livre est très beau et fort. Il décrit l’histoire difficile d’un homme qui assiste à distance à la destruction des siens dans l’incapacité d’agir.

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Ce qu’elles disent

Miriam Toews

Ce qu’elles disent est un roman très interressant sur les Mennonites, communauté à régime patriarcale issue du Christianisme, créée au XVI ème siècle. Les femmes n’ont quasiment aucun droit. Dans cette histoire, on les voit se révolter à l’image de leur croyance : de façon pacifique. Il est formidable de voir ces femmes, sans éducation, elles ne savent ni lire ni écrire, se réunir pour établir ensemble et dans le respect les unes des autres un plan d’action pour leur avenir. Suite à une série d’agressions sexuelles atroces touchant les filles et femmes âgées de 3 à 65 ans de cette communauté, entre 2005 et 2009 , elles se demandent quelle attitude elle devront suivre pour se protéger elles et leurs enfants.

Après une période d’adaptation à l’écriture, le texte est écrit sous la forme de procès verbal amateur, j’ai été émue par ces femmes, leurs histoires, leurs différents points de vue. Il ne faut pas oublier celui du narrateur, le seul homme témoin masculin de leur concertation, qui va nous faire part de ses sentiments et de son histoire personnelle liée à cette communauté.
Il s’agit d’un livre de réflexion et non d’action qui m’a personnellement fait réagir. A la suite de cette lecture, je me suis renseignée sur internet pour en savoir plus sur cette communauté et sa représentation à travers le monde de nos jours. Le style peut rebuter mais le thème et l’histoire inspirée de faits réels sont tellement prenant que personnellement j’ai réussi à passer outre.

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Le Vol du Frelon

Ken Follett

Le Vol du Frelon est un roman historique qui se déroule au Danemark au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Il est écrit sous la forme d’un threeler mêlant la résistance guidée depuis Londres, la police danoise intégrant des conflits entre familles et l’armée allemande.

J’y ai découvert le rôle joué par le Danemark lors de cette période. En effet, le roi du Danemark a capitulé devant l’armée allemande. Il a accepté sa présence sur son territoire contre la paix. Une partie du peuple danois a été atteinte dans sa fierté. L’armée allemande en a profité pour y positionner certaines installations stratégiques à leur défense.

J’ai écouté cet audiolivre avec plaisir. Les intrigues se sont succédées les unes aux autres sans répis. Ken Follett a su donner aux différents personnages de l’histoire le caractère correspondant à son rôle avec un peu de féminisme, car les femmes présentes ont des rôles essentiels au déroulement de la mission.

Le Vol du Frelon
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La mort nomade – Yeruldelgger

Ian Manook

La mort nomade est le troisième et dernier tome de la trilogie policière écrite par Ian Manook sur la Mongolie.

Dans ce tome, Yerruldelger est parti de son poste de commissaire de police pour une retraite sur ordre de son Nerguii afin de s’éloigner des morts et de la violence qui l’entourent sans cesse. Mais son destin ne veut l’épargner et nous retrouvons à nouveau notre héros au milieu de ce qu’il cherchait à fuir.

Nous découvrons dans ce tome les steppes et le désert de Gobi avec les manipulations des hommes du monde entier pour tirer profit des richesses contenues par le sous-sol de ces grandes étendues désertes. On fait connaissance avec de nouveaux personnages : les ninjas, mongoles qui font penser aux hommes lors de la ruée vers l’or aux Etats Unis prêts à détruire leur terre pour tenter de s’enrichir, les Nomades désespérés de voir ce que leur terre devient, de nouveaux flics toujours aussi démunis face à l’ampleur de la corruption et les méchants qu’ils soient mongoles ou pas ne cherchant qu’à faire de l’argent sur les terres de ce pays si faiblement peuplé.

J’ai trouvé que les passages qui se passaient en Australie et aux États-Unis manquaient d’âme, enfin celle que je perçois lorsque l’histoire revient en Mongolie. Mais l’aventure est toujours aussi riche en rebondissements et en informations sur ce pays qui m’est si lointain. Bienque Yerruldelger n’était pas le héros principal de ce tome, il était entouré de personnages dont la personnalité ne laisse pas indifférent.

J’ai , à nouveau, passé un bon moment de lecture à parcourir une nouvelle partie de la Mongolie.

L’Anomalie

Hervé Le Tellier

Comme l’a dit une critique que je viens de lire, je suis contente d’avoir lu L’ Anomalie. Il apporte une réflexion philosophique et sociale sur une expérience peu banale. En effet, l’auteur nous embarque dans une science-fiction dans laquelle un même avion avec les mêmes 243 passagers ( enfin, sûre plus de 200 passagers) se posent à trois mois d’interval. Nous nous retrouvons au mois de juin avec deux avions identiques, et des personnes ayant un véritable double.

Hervé le Tellier après nous avoir présenté 11 personnages va nous entraîner dans cette expérience sans point de repère en nous montrant comment ces derniers vont affronter la situation. Il nous entraine dans les grandes sphères du pouvoir, et y intègre l’aspect philosophique et religieux.

Ce livre est intéressant à lire, à imaginer comment soi-même on réagirait, mais aussi à envisager les différentes approches de la situation. J’ai trouvé quelques passages ardus, et quelques longueurs.

L’homme aux lèvres de saphir

Hervé LE CORRE

L’homme aux lèvres de saphir est un policier digne de  » L’étrange cas de Dr Jekyll et Mr Hyde ». Des meurtres atroces sont commis par un fou suffisamment intelligent pour ne pas se faire prendre, dans les rues de Paris de la fin du XIX ème siècle.

Au delà de ce policier bien mené, nous avons une excellente description des bas fonds de Paris des années 1870. L’enquête nous emmène auprès des maisons clauses où l’on voit la corruption de la police.Et par l’ intermédiaire des témoins, nous côtoyons le monde ouvrier, des hommes qui travaillent toute la journée pour tenter de survivre. Une solidarité s’organise pour faire face aux difficultés de la vie et accessoirement pour lutter contre le pouvoir en place et les patron.

Le vocabulaire utilise par l’auteur nous aide à nous immerger dans cette époque et dans la société décrite, en contrepartie, certains mots étant depuis longtemps oubliés, des passages restent difficiles à lire.

Fuki no-tô

Aki Shimazaki

Kuki no-tô est un court roman faisant partie de la série « l’ombre du chardon « . Une femme entraîne sa famille à la campagne dans un changement de vie pour un changement de carrière professionnelle. Sa nouvelle vie d’agricultrice à la campagne semble heureuse et établie jusqu’à ce qu’elle retrouve une ancienne amie de lycée.

L’écriture simple et courte permet à Aki Shimazaki de décrire des problèmes de société, et en particulier de la société japonaise sans tabou de façon très fluide.

La chaine

Adrian McKinty

La chaîne est un thriller captivant. L’histoire est tellement hallucinante et terrifiante que je n’ai tout simplement pas pu y croire. Et malgré tout, l’histoire est à ce point rythmée que j’ai avalé ce livre.

La chaine est une référence aux chaînes qui sont lancées dès l’enfance et qui menacent celui qui reçoit le message de tous les malheurs du monde si ce dernier ne l’envoie pas à une ou plusieurs autres personnes. Mais ici, ce n’est pas d’une lettre dont on parle mais d’enlèvements d’enfants.

Je ne sais pas si c’est le plus grand livre mais en tout cas c’est le plus captivant que j’ai lu depuis longtemps !

Le secret d’Edwin STRAFFORD

Robert GODDARD

Le secret d’Edwin Strafford est un roman historique qui se situe principalement en Angleterre. Le narrateur est un historien raté, un enseignement mis à la porte pour une histoire de mœurs qui a provoqué son divorce et la mise au ban de sa belle famille. Dans les années 70, une enquête lui est confiée sur la vie d’un ancien politicien, membre du gouvernement vers 1910, exclu de la vie politique du jour au lendemain. Il s’ensuit une série de trahisons à tous les niveaux,  autant pour le narrateur que pour Edwin STRAFFORD et d’histoires d’amour.

Ce roman historique m’a éclairé sur le fonctionnement de la vie politique, pas toujours morale du début du XX ème siècle, que j’imagine toujours d’actualité. On voit évoluer Lloyd Georges et l’arrivée de Winston Churchill dans les affaires politiques de l’Angleterre. On lit aussi de belles descriptions de l’Angleterre qui nous aide à mieux nous immerger dans la vie des personnages.

Ce livre est un important pavé de plus de 700 pages qui m’a happé dés le début. J’ai quand même eu un certain essoufflement vers les trois quarts du roman suite à  la description d’une énième trahison. Ce roman bien écrit se lit plutôt bien

Les demoiselles

Anne-Gaelle HUON

Les demoiselles est un roman qui retrace la vie de Rosa. Rosa est une jeune espagnole élevée par sa grand-mère avec sa sœur aînée. Pour aider sa grand-mère, elle convainc sa sœur de partir en France gagner de l’argent en travaillant dans une usine d’espadrilles au Pays Basque.

La vie de Rosa sera parsemée de drames mais aussi de grands bonheurs.  Elle fera des rencontres qui vont bouleverser sa vie.

Le livre est très féministe. L’histoire est fondée quasiment que sur des femmes qui cherchent à être libre. Le prix de cette liberté à un coût que toutes paient de façon différente.

Ce témoignage épistolaire raconte à travers la vie de Rosa les origines d’une chef cuisinière couronnée de succès que Rosa a toujours aimé comme sa propre petite fille.

Des chapitres courts rendent le livre léger et rapide. Les personnages dont certains sont sulfureux sont tous attachants à leur façon. Ce livre est très agréable à lire. L’écriture fait de cette histoire pétillante.

Ici n’est plus ici

Tommy ORANGE

Ici n’est plus ici est un roman sur les amérindiens, enfin les descendants des amérindiens dans la ville d’Oakland aux États-Unis. L’histoire s’étend sur une cinquantaine d’années. Les personnages sont tous plus ou moins liés par les liens du sang, parfois sans le savoir.

L’histoire se compose en principalement deux parties. L’auteur commence par présenter les douzes personnages. Puis il les fait évoluer jusqu’au début du Pow-wow. Outre les liens du sang pour certains, ce qui relie ces personnages est la violence. La violence dans laquelle certains ont grandi, dans laquelle ils vivent. Celle qu’ils commettent ou celle qu’ils subissent. Ils sont encore aujourd’hui parqués séparés des américains par des montagnes sur Oakland. On sent à travers cette série de portraits qu’ils subissent les conditions de la ville moderne, et qu’ils survivent souvent grâce à l’alcool.

J’ai aimé la description des personnages. Mais voici un livre de plus qui m’a enlevé les paillettes dans les yeux quand on parle des États-Unis. Les autochtones sont toujours traités comme des êtres inférieurs bien qu’on leur ait volé leur terre et essayé de les exterminer.

Le suivi des différents personnages est complexe. En effet, l’histoire de leur vie glisse parfois sur plus de quarante ans et j’ai parfois dû retourner en arrière pour vérifier quel personnage j’étais en train de suivre.

Rendez-vous à Gibraltar

Peter MAY

Rendez-vous à Gibraltar est un policier qui se déroule en Andalousie au sud de l’Espagne. Un inspecteur anglais d’origine écossaise vient apporter son aide aux policiers espagnols. Le truand qu’il devait ramener en Angleterre s’était échappé.

L’histoire est bien construite, les paysages bien décrits tout comme les personnages. L’enigme dure jusqu’à la fin de L’histoire. Mais tout est très sage. Il manque le petit plus qui nous aurait encore plus fait apprécier ses personnages tellement humains. On s’attache autant à leur héroïsme comme pour les policiers ou Anna, la tante sourde et aveugle qu’à leur vie qui n’est pas parfaite.

Bon livre mais un peu trop à l’ancienne.

Note : 4 sur 5.